30.03.2008
Fin d'été

Ca commence toujours par des incidents. Des incidents minuscules, si infimes qu’il vous faut presque les guetter pour y voir quelque chose. Le premier, c’est sans doute la lumière. Un beau matin, le soleil se lève cinq minutes plus tard sur la mer, et ses rayons, comme lassés de leur propre éclat, s’arrêtent au seuil de votre porte. Chaque touche d’azur se double d’une ombre tandis qu’un petit vent frais vient faire palpiter les rideaux aux fenêtres.
Au bout de l’horizon, les nuages roulent plus vite dans le ciel, jetant sur la mer de grands filets sombres. Puis, un matin, arrive sur la plage un groupe d’hommes. Ce sont les mêmes, des employés municipaux. Ils viennent démonter les toboggans et les portiques. Quand ils s’en vont, la plage n’est plus une plage mais une vaste lande de fin de monde. Mais le plus triste sont peut-être les grandes villas. Avec leurs portes closes, leurs volets fermés, les lézardes elles font penser à de vieux visages aveugles et blêmes. Pourtant, ce n’est vraiment que quelques jours après que l’on sait que l’été est vraiment parti.
Le jour de la première tempête.
Un après-midi, les eaux soulevées par un énorme souffle venu d’on ne sait où, se mettent à grossir et à gonfler comme des folles. L’échine des vagues se hérisse d’une écume blanchâtre et du fond de la terre monte un piétinement de bête démente. La nuit venue, c’est le vent qui se déchaîne, engloutissant chemins, routes, forêts et collines sous des trombes de pluie.
Le lendemain, une lumière surgira, blanche. Une lumière avec des clartés d’or traversées de flèches pourpres que peu à peu la terre boira comme une éponge absorbe l’eau.
Juillet 1995
20:56 Publié dans L'arbre de Kate | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.03.2008
Du sentiment dans les conduits

Du sentiment dans les conduits
Elles ont la trentaine passée, le rire clair, la parole franche. Elles savent ce qu’elles aiment et ce qu’elles aiment, c’est peu de chose : un verre de bon vin, quelques cigarettes, rire pour mieux vivre demain.
Elles habitent de minuscules appartements, roulent dans des savates délabrées qu’elles appellent « ma Vieille », ma « Rossinante » en attendant que lâche, dans un ultime soupir, le dernier piston.
Elles n’ont rien contre le travail mais préfèrent l’ANPE, aux fonctionnaires les petites boîtes qui flanchent : un patron en difficulté, c’est bien plus émouvant.
L’argent leur file entre les doigts comme l’eau claire de leurs rêves et les rêves et l’argent pour elles, c’est pareil : on n’en a jamais assez.
Elles flirtent depuis l’enfance avec la peinture ou l’écriture mais parlent de cahiers, d’aimables croûtes et détestent les galeries marchandes, les éditeurs.
Elles vivent sans tabou, aiment ceux qui se contredisent, détestent les idées toutes faites et font une analyse histoire de voir ce qui se passe de l’autre côté.
Elles ont le goût des contes et les mains douces et lisses à force d’avoir caressé la pierre tendre des chairs. Elles pensent qu’en toute chose il faut du sentiment dans les conduits.
ce texte a été écrit voici pas mal d'années. Sur la demande d'un ami "qui voulait un truc", je l'extirpe de ma malle.
09:41 Publié dans L'arbre de Kate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.03.2008
Bienvenue à tous
Après une longue aventure sur Neuf.blog, me voici sur blog.spirit.
A tous bonjour !
... et à très bientôt !
Kate
20:05 Publié dans L'arbre de Kate | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note